Tchorski


Urbex - La maison Casserole

Maison Casserole

Nous avons reçu les photos d'un voyageur et nous en avons fait la synthèse historique.

Voici un endroit qui pourra se résumer à tout jamais à ces quelques mots : on ne saura jamais. Dans cet urbex du plus étonnant, je vous amène dans un mystère épais, à peine compréhensible. C’est un dossier qui mériterait de ne même pas être développé, à ce point l’on en sait rien ? Non telle n’est pas notre réponse, car parfois il s’avère indéniable que l’urbex c’est tout à fait cela : une grosse question. Les dossiers ultra complets sont plaisants, les lieux vides sont de même interpelant. Retour sur ce récit de visite.

Au cours d’échanges, un correspondant témoigne d’interrogations. Durant des insomnies, cette personne scrute Google Maps à la recherche de lieux abandonnés. Les critères sont toujours les mêmes : une toiture quelque peu dégradée, un envahissement par la végétation, un chemin d’accès qui devient tellement enfoui que plus aucun véhicule n’y passe. Après c’est un peu le jeu de la loterie : aller voir, espérer. L’urbex c’est énormément d’échecs. Une sur dix est bonne. Et pour autant, la randonnée est tellement merveilleuse.

Nous sommes ici dans un recoin de garrigue du sud de la France. L’idée première est de se stationner pas trop loin histoire de ne déranger personne, mais belle surprise lorsque la réalité rattrape le rêve. C’est un chemin défoncé, il n’existe aucune possibilité de stationnement à des kilomètres ; seul le centre du village offre une possibilité : la marche sera longue. Que cela importe, tout est si radieux aujourd’hui.

Le parcours est radical : tout droit et très long. Du jamais vu, un poteau électrique en bois possède son embase entourée de barres métalliques obliques. Hauteur, environ 60 centimètres. A côté se trouve une source un peu fangeuse, c’est quelque peu souillé. Le cerclage de métal est tout simplement destiné à empêcher les sangliers de se frotter, et dès lors de tout défoncer. C’est rare, c’est que cela doit être un problème endémique ici !

Lorsqu’il faut tourner à gauche, c’est le corridor. Un peu de voisinage, sans excès, mais surtout plus aucune raison valable de se trouver là, c’est une impasse, avec au bout du tunnel toujours la grande inconnue : qu’est-ce donc que ce lieu ? C’est contre toute attente peut-être habité, rien ne permet de savoir à l’avance. Le chemin se rétrécit jusqu’à devenir broussailles luxuriantes, et deux véhicules vraiment abandonnés accueillent : bon signe.

La maison a été soit laissée ouverte volontairement, soit fracturée, sans que nous n’en sachons rien, et dedans c’est une certaine forme de surprise. C’est très insalubre, un peu Diogène, un peu effondré, dans un état d’abandon très virulent. Que l’on soit clair dès le départ, c’est très profondément inhabitable.

Dans un semblant de cuisine, une casserole immonde témoigne d’un reste de ragout, laissé pour compte depuis un an peut-être. L’aspect purement dégueulasse est radicalement souligné par une myriade d’aliments en semi putréfaction, le moindre objet est recouvert d’une fine couche de je-ne-sais-quoi totalement crasseux. On se prend éperdument pour une gracieuse envie de ne surtout rien toucher – instinct de survie probablement.

Mais que fait alors dans ce bazar putride une plante – un pied d’éléphant – qui n’est pas tout simplement crevée ? Une présence humaine est inimaginable. La chambre, montée de bric et de broc sur un plancher relativement inquiétant, démontre une hostilité de crasse à toute épreuve. L’absence d’arrosage est difficile à imaginer. La plante survit grâce aux infiltrations de la toiture défoncée ? L’imagination galope.

Petit pied à terre de chasseur ? Non vraiment rien ne vient le confirmer. Ca et là, on trouve myriade d’indices menant vers le jardinage : des semences, des outils, des livres sur la confection d’aliments maison tels le vinaigre ou les conserves. Alors un secondaire orienté potager ? Une forte énergie au départ, un chantier colossal dans une ruine, une volonté qui s’est effondrée face à l’ampleur des travaux et la force de la nature ? C’est notre hypothèse.

Cela se renforce dans l’idée qu’aucun document n’a été retrouvé sur place : aucune lettre, aucune facture. Ce n’est pas un lieu de vie, ce n’est pas une maison d’habitation. Il est de fait que dans des temps printaniers, cultiver là doit nécessairement être un bonheur. Aujourd’hui, la jungle a tout envahi ; un grand bassin réservoir d’eau, en parpaings, est encore visible. À peine d’ailleurs.

En descendant le corridor, on en viendrait à souhaiter de rencontrer les voisinages, les darder de mille et une questions. Ils doivent forcément savoir, au moins quelques bribes fugaces, mais tout est resté désert, en fin de compte tellement calme. Le long chemin de descente sera agréable comme un moment de vie, tout petit mais de ceux qu’on a besoin dans l’apaisement. Il ne serait pas étonnant que cette histoire soit résolue dans dix ans. Imaginer un délai plus court est peu imaginable.

Maison Casserole

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