
Dans nos guides touristiques, nous évoquons souvent de visiter Largentière, Chassiers, Montréal et Laurac-en-Vivarais. Ces quatre communes très proches offrent un parcours touristique génial et carrément méconnu. Dans cette démarche, est-il intéressant de visiter la commune attenante de Tauriers ? Plutôt oui. C’est joli, mignon, assez petit. Si vous avez du temps, y aller sera bénéfique. Nous vous en proposons un petit guide touristique.
Tauriers, c’est une petite commune ardéchoise de 200 habitants, perchée sur un éperon rocheux à environ 400 mètres d’altitude. On y stationne très facilement en bas du village près des jeux pour enfants. Il est plutôt déconseillé de monter plus haut car c’est médiéval et un peu étroit.
Si vous appréciez les lieux paisibles, préservés, où l’on peut flâner dans des ruelles anciennes, admirer un patrimoine médiéval franchement méconnu, profiter d’une nature généreuse et, surtout en saison, s’imprégner d’un jardin exceptionnel de roses anciennes, alors oui, Tauriers mérite une visite. Ce n’est pas un haut lieu touristique bondé, mais un village qui respire la tranquillité, l’histoire et une certaine poésie rurale.

Tauriers est un ancien village fortifié, construit principalement en grès local, cette pierre chaude et ocre qui donne aux façades une teinte dorée sous le soleil méditerranéen. Perché sur son promontoire, le village offre une vue panoramique dégagée sur les vallées boisées et les collines environnantes — un spectacle qui change de chaque côté. En effet Tauriers est un col. Vous aurez une vue de dingue sur Chassiers d’un côté, et sur la très austère Cham du Cros de l’autre côté.
Le village est constitué de ruelles étroites, sinueuses, et toutes pavées. Les maisons anciennes, souvent restaurées, présentent des portes voûtées, des fenêtres à meneaux, des toits en tuiles canal. Certaines façades conservent des éléments médiévaux, comme des encorbellements ou des pierres d’angle taillées. L’ensemble dégage une atmosphère intemporelle, presque hors du temps, où l’on entend plus le chant des oiseaux que le bruit des voitures.
Le village a une histoire défensive. Dès le Moyen Âge, il faisait partie d’un réseau de surveillance et de protection. Cette vocation se lit encore dans la disposition des bâtisses, serrées les unes contre les autres pour former une enceinte naturelle. Flâner à Tauriers, c’est donc aussi une découverte de l’architecture ardéchoise. Des murs épais pour conserver la fraîcheur en été, des petites terrasses cultivées en faïsses, des jardins potagers cachés derrière des murets de pierre sèche.

Dominant le village, le château de Tauriers représente le point culminant, à la fois géographique et historique. Construit principalement au XIIIe siècle, avec des origines possibles dès le XIe ou XIIe, il s’inscrit dans l’histoire féodale locale. Propriété privée, il ne se visite pas à l’intérieur, mais son extérieur impressionne, d’ailleurs autant que le château de Montréal. L’architecture est typique des châteaux ardéchois, un donjon robuste, des logis ajoutés au XVIIe siècle, des murs épais en grès. La tour principale, carrée, offre une silhouette massive qui se détache sur le ciel. Des éléments défensifs subsistent, même si le château a été transformé en résidence au fil des siècles. Il témoigne de la période où les seigneurs locaux devaient protéger leurs terres des conflits entre comtes et évêques.
Au cœur du village et sous le château, l’église Saint-Julien-de-Brioude est un édifice roman dont les parties les plus anciennes remontent au style médiéval, mais qui a été largement restaurée au XIXe siècle. Sa silhouette modeste, avec un clocher-mur simple, s’intègre parfaitement au paysage bâti. L’intérieur, sobre, a été rénové récemment.

Un autre point d’attrait de Tauriers est la Roseraie de Berty. Située dans une vallée préservée de la commune, au bord d’une petite rivière (le Roubreau), ce jardin privé présente plus de 700 variétés de roses anciennes, intégrées dans un paysage sauvage et naturel. Créé avec passion, le jardin n’est pas une roseraie géométrique à la française, mais un lieu où les roses grimpent sur des arbres, cascadent sur des murets, s’épanouissent en massifs libres. Les variétés sont très souvent anciennes.
Le jardin s’étend sur plusieurs hectares, avec des allées en gravier ou enherbées qui serpentent entre les massifs. Un petit salon de thé permet de pause, et une pépinière propose d’acheter des plants. Le pique-nique est autorisé au bord de l’eau. L’ouverture est limitée (environ un mois par an, souvent mi-mai à mi-juin), et l’entrée gratuite — un geste généreux des propriétaires.

Un dernier élément à signaler, et d’ailleurs nous le conseillons fortement, c’est l’ancienne chapelle ruinée. Les ruines de la chapelle Notre-Dame-de-Tous-Biens, dite « Les Trois Clochers » ou « chapelle foudroyée » sont au-dessus de tauriers dans une pinède. Les murs sont encore debout, envahis par la végétation, ils témoignent d’un édifice ancien frappé par la foudre. Le site est agréable. Prenez une bonne carte, car les chemins sont discrets.
Tauriers n’est pas une destination spectaculaire, mais un village où tout se fait agréable. Si vous souhaitez compléter le quatuor, il est clair que dans cette petite commune simple et avenante, vous y serez bien.

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