Dans les carrières de Lezennes, des centaines de personnes ont inscrit dans la craie une trace de leur passage. Ce sont des gravures au couteau, des inscriptions au crayon, plus rarement à la sanguine, quelquefois des tracés à la peinture. Relever la totalité des inscriptions, cela signifie maîtriser le parcours dans toute la carrière. Honnêtement, bien peu de personnes en sont capables. Cet inventaire pourrait se révéler du coup assez laborieux.
Pour autant, le passage
dans les galeries révèle une myriade d'inscriptions.
Les relever au passage, sans volonté systématique, est
assez facile. Au cours de quelques promenades, c'est ce qui fut fait.
Il en ressort des données intéressantes, que je liste
ci-dessous :
- Les inscriptions nombreuses d'un jeune : Auguste Hayez.
- Les inscriptions très nombreuses de quelques personnes :
Les Dumoulin et Cuvelier.
- Deux vastes panneaux gravés, reprenant les noms des familles
alliées Lefebvre, Droulers et Couplet.
Il apparait une différentiation nette entre le panneau monumental des Lefebvre et les inscriptions innombrables des Dumoulin. Les Lefebvre semblent surtout avoir réalisé un panneau sous la ferme leur appartenant, réfugiés en 1914 comme bien d'autres.
Le premier travail a été de collecter les informations généalogiques, que nous listons ci-dessous. Ces recherches ont été très fortement fondées par le travail de Laurent Balloy.
Tous les noms précédés d'un * correspondent à une inscription en carrière.
* Zoé Dumoulin, née Zoé Adolphine Dumoulin. Née le 9 avril 1884 à Lezennes et décédée le 20 juin 1946 à Lezennes. Mariée en 1905 avec * Fernand Cuvelier, (1886-1911). Fille de Jean Dumoulin (1827-1904) et Thérèse Ghueluy (1838-1914). La petite dernière, famille de 10 enfants.
Sa grande soeur :
* Jeanne Dumoulin, Née le 28 septembre 1881 à
Lezennes et décédée le 23 avril 1948 à
Loos. Mariée en 1903 avec Jules Marga, 1873-1926.
Sa grande soeur :
* Augustine Dumoulin, âgée de 17 ans en 1894 d'après
l'inscription. Née le 18 août 1877 et décédée
le 13 novembre 1956. Mariée avec Louis Delobel.
* Fernand Dumoulin,
âgé de 12 ans en 1897, 17 ans en 1904, d'après
les inscriptions.
Deux existent à cette date. Ne sont pas frères de Zoé.
Fernand Dumoulin 1885-1943 marié avec Alice Vandendriessche.
Fernand Dumoulin 1885-1943 marié avec Mathilde Baratte.
Le monument aux morts dénombre un Fernand Dumoulin victime
civile de bombardement.
* Henri Dumoulin.
Son grand-père.
Né en 1809, décédé à date inconnue.
Marié avec Adelaïde Lefebvre, née en 1813 et décédée
à date inconnue.
* Constant Cuvelier. Il nous est inconnu. Nous savons toutefois par inscription qu'il est champignonniste.
* Zoé Deldalle, 1904. Née le 16 septembre 1886 à Lezennes. Décédée le 16 mars 1912 à Lezennes à l'âge de 25 ans. Mariée avec Georges Lagneau en 1908.
* Auguste Hayez, né en 1895 à Annappes, le 2 octobre 1895. Son nom est gravé sur le monument aux morts de Lezennes (1914-1918) Décédé à Berny sur Santerre (80) le 14 octobre 1916. 2eme classe - 404e RI.
* César Hayez, né le 2 octobre 1874 à Cysoing et décédé le 16 février 1951 à Annappes. Un second César Hayez est le père de Auguste Hayez. Il signe dans la carrière en 1824.
* Stanislas Ducattillon, né en 1860 à Péronne et décédé le 8 avril 1918 à Lille. Journalier.
* Zénon Roussel,
né à Boulogne-Sur-Mer, 1867.
* Auguste Roussel , né Audembert 1820 canton Marquise
Pas Calais 1887, (lu à Hellemmes).
* L. Picavez. Nous est inconnu. Ne semble pas être lié à l'allée Picavez de Lezennes.
* Richard Butin,
âgé de 18 ans en 1904 d'après l'inscription. Le
vrai nom est Buttin Richard, né le 17 juillet 1886 à
Prémesques.
* Joséphine Butin. Nous est inconnue.
* Léon Marchand de Gondecourt, 1882, terrassier, d'après l'inscription. Léon, Valentin Marchand, né en 1851 à Gondecourt et décédé en 1913. Fils de François Marchand et Victoire Marchand née Fauquenois.
* Louis Levas,
carrier à Lezennes, 1882.
Louis Leva carrier à Lezennes, (à Hellemmes).
Les Lefebvre, un véritable arbre généalogique en carrière.
1880, dans l'ordre de
la gravure.
A Lefebvre - Il s'agit d'Augustin Lefebvre, décédé
le 27 mai 1818 à Ronchin, et marié avec Marie Brulois.
Victor Lefebvre, son petit-fils, 1832-1898.
Sophie Lefebvre, sa petite-fille, 1858-1919.
Alexis Lefebvre, son fils, 1799-1876.
Auguste Lefebvre, son petit-fils, 1864-1943. Marié avec Angèle
Couplet.
Enfants d'Eugénie
Lefebvre, 1837, fille d'Alexis Lefebvre, 1799-1876.
Eugénie Droulers, 1864-?.
Marie Droulers, 1855-?
Edmond Droulers, 1857-1924.
Eugène Droulers, ?-?.
Gabrielle Droulers, 1864-?.
1914
Alexis Lefebvre, son petit-fils, 1861-?.
Marié à Augustine Couplet, 1865-1939.
Marie-Louise, sa fille, 1890-1918.
Suzanne, sa fille, 1892-1975.
Jean, son fils, 1896-1918.
Pierre, son fils, 1898-1966.
Marguerite, sa fille, 1900-1908.
Gérard, son fils, 1906-1921.
Auguste Lefebvre - Angèle
Couplet > Reprise des deux précités (voir 1880).
André, son fils, 1864-1975.
Antoinette, sa fille, 1898-1976.
Etienne, son fils, 1900-1998.
Victor, son fils, 1902-1922.
Thérèse, sa fille, 1906-1973.
Joseph, son fils, 1909-1997.
Signé Sophie Lefebvre (1858-1921).
Trois champignonnistes
: Désiré Morel, Louis Delecour, François Delecour.
Des inscriptions plus récentes : Frappart Georges le 6 octobre
1914, Delattre Robert en 1940, Louis Choquel le 4 Xbre 1914, Noël
et Emile Roelants le 12 septembre 1900.

La maison de Zoé Dumoulin était celle avec les fenêtres
bleues.

La maison de Jeanne était peut-être la petite maison
en briques rouges, après celle peinte en crème. Zoé
y habita sur la fin de son existence. Notons que ce secteur, nommé
cours Marga, a été fort remanié.
* Les données relevant de l'analyse, qui sont moins factuelles.
Les trois sours Dumoulin inscrivent leurs noms dans les carrières de Lezennes : Zoé la plus jeune, Jeanne son ainée, Augustine l'ainée de Jeanne. On les retrouve avec fréquence, notamment Zoé et Augustine. Elles sont parfois accompagnées de Ferdinand Dumoulin, grand frère d'Augustine et de Henri Dumoulin, le grand-père. Ces descentes peuvent aussi bien être conjointes que séparées. Les graffitis sont éparpillés.
De la fratrie des 10 enfants, ce sont les quatre seuls enfants à inscrire leur nom. Les aînés pourraient ne pas descendre en cette période. Zoé Dumoulin ajoute son nom postérieurement, à côté du nom de son grand-père. Une seule et rare inscription, mais d'un seul scripteur, reprend les termes : 1983. Léonie Blandeau (nom sous réserves car dur à lire), Henri Dumoulin, Zoé Dumoulin, Louise Dumoulin.
* La première chose qui interpelle, c'est l'âge des personnes.
Zoé descend à
18 ans.
Augustine descend à 15 ans, à 17 ans, à 29 ans.
Ferdinand descend à 16 ans, à 17 ans, à 19 ans.
Fernand descend à 12 ans.
Ferdinand Dumoulin descend conjointement avec Fernand Cuvelier. La même année, ce dernier se marie avec Zoé, à l'âge de ses 18 ans.
D'autres graffitis évoquent
13 ans, 15 ans, 16 ans (deux fois).
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à Lezennes, on descend
jeune.
* La seconde chose qui interpelle, c'est qu'aucun n'est carrier, ni champi, ni barbeux (disons le sans ambage, dans les registres administratifs uniquement). Que faisaient-ils en carrière ? Le père est raffineur de sucres. La mère est ménagère, comprendre femme au foyer. Ferdinand est aide brasseur. Fernand est mouleur de cuivre. Zoé, Jeanne et Augustine sont sans emploi déclaré. Augustin est employé de chemin de fer. L'exploitation des carrières était en principe totalement terminée au début du XXème siècle.
Le domicile des parents possédait-il un puits ? Ils habitent rue Faidherbe, sans numéro. Donc tout est possible. Signalons que la plus grosse concentration de noms Dumoulin se trouve à proximité de la mer de porcelaine, donc pourquoi pas. Sans numéro, cela peut être aussi bien proche qu'éloigné.
Les Dumoulin étaient liés aux Lefebvre par leur grand-mère, Adélaïde Lefebvre.
Zoé était
domiciliée rue Jean-Baptiste Defaux, 119.
Jeanne était domiciliée rue Chanzy, 12 ter.
Cela se trouve aussi dans des zones de carrières, mais signalons
tout de même qu'aucun Dumoulin, sauf Augustine, ne grave dans
la pierre après mariage.
On a donc clairement l'impression que ces jeunes gens descendaient par goût (et quel bon goût ma foi !)
Auguste Hayez, qui grave de nombreuses fois son nom, il s'agit du même topo. Il descend jeune, a un père qui n'a rien à voir avec les carrières, puis décède en 1916 d'une balle dans la tête, au champ de bataille de la Santerre.
* La troisième chose qui interpelle, c'est qu'il s'agit d'une grande famille. Les Dumoulin sont liés aux Lefebvre, aux Cuvelier, aux Ghilluy, à Ducattillon, aux Deldalle. Certes les liens sont parfois quelque peu éloignés, mais on a vraiment l'impression d'avoir affaire à une grande famille.
Les documents ci-dessous présentent (1) l'acte de naissance, (2) l'acte de mariage, (3) l'acte de décès s'il est disponible. Ces documents proviennent des recherches de Laurent Balloy.
Augustine Dumoulin




Jeanne Dumoulin





Zoé Dumoulin





** Les recherches au
sujet des Dumoulin
Au sein de la fratrie, il apparait une différenciation assez
nette entre les plus jeunes et les plus âgés. Disons
plus factuellement que l'on ne retrouve pas les prénoms des
âgés dans la carrière, même à des
dates antérieures. Sur les 10 enfants, l'aînée
Marie est née en 1860, la plus jeune Zoé est née
en 1884. Il est clair que cela fait une grande différence.
Il est d'une évidente clarté que, dans un petit village comme Lezennes à l'époque, tout le monde se connaît, tout le monde est lié. Il ne faut pas donc considérer ça comme une évidente victoire que les Dumoulin soient alliés aux Lefebvre, que Ducattillon était de famille, etc. Au sujet d'Auguste Hayez, nulle trace ne le relie aux Dumoulin. Il est pourtant envisageable qu'ils se connaissent. Légèrement plus jeune, ils devaient simplement se connaître de vue, enfin cela n'est que supputation.
Ce qui ressort clairement des inscriptions, c'est que les trois filles Dumoulin sont très actives : Augustine, Jeanne et Zoé. On retrouve aussi, dans le sillon de Zoé, de nombreuses traces de son mari, Fernand Cuvelier, décédé fort jeune.
La plus active est Zoé.
Au sujet de Zoé, elle se marie à 21 ans avec Fernand Cuvelier. Leur union sera brève, car Fernand décède 6 ans après. Il nait de leur union Noël Cuvelier et Arthur Cuvelier. Fernand décède en 1911 à l'âge de 25 ans, Noël en 1921 à l'âge de 16 ans, Arthur en 1927 à l'âge de 18 ans. Zoé reste seule, derrière la mort de toute sa famille. Il est dur de se dire que dans les inscriptions de Lezennes, elle était en ces années là joie et insouciance ; plus tard le destin ne l'épargnerait pas. Nous garderons d'elle cette image de légèreté. Elle habitait une petite maison deux façades, qui existe toujours. Il est à penser qu'après tous ces décès, elle déménage. En effet, la maison de son mariage n'est plus citée dans son acte de décès. Elle décède « à son domicile » et en fait, la citation met clairement en exergue que c'est chez Jeanne, sa grande sour. Elle décède à 62 ans, un an après la guerre.
La plus discrète est Jeanne.
Au sujet de Jeanne, il faut préciser que les inscriptions de son prénom sont rares. Après, peut-être signait-elle simplement Dumoulin, sans prénom. Nous n'en savons rien. Elle est 3 ans plus âgée que Zoé. Elle se marie à 22 ans avec Jules Marga. Les deux sont enterrés au cimetière de Lezennes dans un caveau commun. Elle a pour enfants Marie et Jeanne, lesquelles décèdent aux âges canoniques respectifs de 90 et 88 ans. De Jules Marga, nous ne trouvons aucune inscription. Jeanne et sa famille logeaient rue Chanzy, 12 ter, un lieu que l'on retrouve parfois nommé Cour Marga. Du 12 ter, il ne reste rien, par contre il existe effectivement une petite maison deux façades au numéro 12. Loin de nous l'idée d'affirmer que c'était là. Il existe à côté du 10 un vaste corps de ferme. C'était peut-être dans ces environs là. Jeanne décède à 66 ans à Loos. Elle était toujours domiciliée rue Chanzy.
Les dates les plus précoces proviennent d'Augustine.
Pas étonnant car elle est l'ainée de la bande des trois. Elle est 6 ans plus âgée que Jeanne, 9 ans plus âgée que Zoé. Elle se marie à 23 ans avec Louis Delobel, dont nous ne retrouvons aucune trace en carrière. Elle donne naissance à Raymonde Delobel (1901-1986). Nous ne savons pas où la famille était domiciliée. La date de décès de son mari est inconnue. Tout au plus savons nous pour l'instant qu'elle décède en 1956 à Hem. Il semblerait qu'elle ait quitté Lezennes plus ou moins précocement. Au sujet d'Augustine finalement, nous ne savons pas grand-chose.
Existe-t-il des chances de retrouver des descendants ? La réponse est non, malheureusement. Noël et Arthur Cuvelier décèdent très jeunes et sans succession. Marie et Jeanne Marga n'ont pas d'enfants. Raymonde Delobel n'a pas d'enfants. Cela limite beaucoup toutes les chances de bonne suite. Les autres branches nous rejettent immédiatement trop loin.
Une famille de barbeux ?
Le mystère des Dumoulin restera complet comme on s'en doute, si ce n'est tout de même qu'une citation de Bernard Bivert vient apporter un grand trouble dans les éléments de recherches historiques. Selon les étudiants de MST Envar, « la graine de chicorée sauvage ou barbe de capucin aurait été apportée à Lezennes par un certain Monsieur Dumoulin, originaire de Belgique » qui fut le précurseur de cette activité culturale vers les années 1860. (Bivert, Sdics, 1988). La mairie de Lezennes confirme cette affirmation, sans la compléter.
Les parents d'Augustine, Jeanne et Zoé sont Thérèse et Jean Dumoulin.
Une chose indéniable que l'on peut dire, c'est que de par la branche maternelle et paternelle, les Dumoulin sont belges. Thérèse née Gheluy et mariée Dumoulin, était originaire de Dergneau. Il s'agit d'un hameau de Frasnes-lez-Anvaing. Elle était mariée à Jean, Baptiste, Noël Dumoulin, que nous résumons à Jean Dumoulin. Au sujet de Jean, ce dernier est natif de Beclers, en Belgique de même. Il s'agit d'un hameau de Tournai. Nous avons donc indéniablement affaire à des belges installés à Lezennes.
1860 est une date d'activité qui correspond à une présence des parents sur Lezennes. Marie, fille ainée, est née en 1860, à Lezennes. Le père, Jean, se déclare à l'administration comme raffineur de sucre, journalier et cultivateur. Faut-il entendre dans « cultivateur » le fait de développer intensément de la barbe à capucins ? C'est à la fois possible et difficile. Rien n'atteste à 100% cette version des faits.
Les graffitis des Dumoulin sont concentrés au sein des souterrains de Lezennes. On les retrouve essentiellement dans le secteur de la Mer de Porcelaine. Était-ce le lieu de culture ?
Tout cela soumet un certain nombre de questions où l'on a envie de répondre : oui, les Dumoulin étaient des barbeux. Ils étaient les inventeurs de la technique. En réalité, une réponse positive expliquerait beaucoup de choses, dont la concentration de signatures. J'ai toujours pensé qu'il y avait une explication factuelle, mais laquelle ? Il me parait nécessaire d'appliquer un certain principe de précaution. Dumoulin, ce n'est pas un nom rare. De ce fait, considérons le fait que les Dumoulin était barbeux comme une hypothèse non négligeable, mais restant toutefois à confirmer.
A savoir que la barbe de capucin était, cela m'est signalé, aussi dénommée sous le joli nom de la "capucine des catiches".
Les documents ci-dessous présentent les tombes qui furent retrouvées au cimetière de Lezennes. Ces documents proviennent des recherches de Cyrille Glorieus.

La tombe de Jeanne Dumoulin et Jules Marga.

La tombe de Cesar Hayez, le papa d'Auguste Hayez.

Le tombeau des Lefebvre.

Détail.
On retrouve de nombreuses inscriptions Auguste Hayez.
Il n'est pas lié à la famille des Dumoulin. Il est 9 ans plus jeune que la plus petite des Dumoulin, Zoé. Il grave toujours seul. Il nait à Annappes en 1895 et décède au combat en 1916, à l'âge de 21 ans. Une tombe Hayez est retrouvée au cimetière. Elle comporte le nom de deux Cesar Hayez (source de confusions), dont l'un est le père d'Auguste. Le nom d'Auguste n'est pas gravé sur la tombe, ce qui signifie malheureusement que l'infortuné est inhumé dans un cimetière de guerre, ou pire encore, disparu dans les terres du combat, en Santerre. Son nom figure sur le monument aux morts de Lezennes.
Un graffiti à Hellemmes nous apprend que le jeune Auguste Hayez est contremaître champignonniste. Il signe : Auguste Hayez, né à Annappes le 2 octobre 1895, âgé de 17 printemps le 9 janvier 1913, contremaître champignonniste. Dans la carrière d'Hellemmes Bobillot, on retrouve de nombreuses signatures César Hayez. Le pronostic est que la famille était champi de père en fils.
Le mystérieux cas de Louis Levas.
Il s'agit d'un carrier
qui a signé en de multiples endroits proches de Lezennes.
Il signe à Lezennes : Louis Levas, carrier à Lezennes,
1882.
Il signe à Hellemmes : Louis Leva carrier à Lezennes.
Il signe à Lille Sud : Louis Levas, carrier à Lezennes,
né en 1838.
Il possède un frère exploitant : Jacques Leva.
Un problème se pose immédiatement, l'exploitation de Lezennes était terminée à cette date là (1882). Le déclin était amorcé depuis bien longtemps. Pourtant, il se déclare bien comme "carrieur", et non champignonniste. Bernard Bivert évoque une hypothèse : il s'agissait éventuellement d'un carrier pirate. Mais lui-même met l'affirmation en doute, ou plutôt disons en balance, on ne sait pas réellement quand a été stoppée définitivement l'exploitation de Lezennes. Certaines carrières sur Wattignies ont été tardives, alors pourquoi pas de même sur Lezennes ?
Au niveau généalogique,
on butte sur l'impasse la plus complète. Louis Levas n'est
pas connu. Le nom est répandu, mais il ressort que :
* Soit ce sont des Louis Levas fort antérieurs (18ème
siècle).
* Soit ce sont des Louis Levas plutôt à la bonne date,
mais morts-nés. Ça ne nous arrange pas.
L'orthographe du nom : Levas, Leva, Lesva, est sûre. C'est fort
répandu à Lezennes. Quasiment tout nous ramène
à des années 1750. Il n'est nullement possible de prétendre
que la date de 1838 est fausse. Aussi bien celle-là que la
date de 1882 sont claires.
Ce carrier restera donc un mystère complet.
Une inscription de Louis Levas.
Pour l'instant, les recherches s'arrêtent à ce stade. Est-ce beaucoup, est-ce peu ? C'est dur de le dire, car on voudrait toujours plus. On ne fera pas revenir les morts, bien qu'ils auraient beaucoup de choses à nous conter je crois.
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