Tchorski


Exploration urbaine - La mine du pendu

Il s'agit d'une exploitation souterraine de gypse, ce dont on se sert afin de fabriquer le plâtre. Immense serait le maître mot, tant dans ce labyrinthe inextricable, il n’est jamais un instant où l’on peut se dire qu’on a trouvé le bout. Etonnant, presque sidérant, presque tétanisant. A un moment de progression dans ce dédale vide, l’esprit n’arrive même plus à ériger une cartographie mentale. Ce n’est pas de la peur – nous sommes organisés – c’est un poids psychologique : on se sent dépassé.

La grosse entrée officielle possède un curieux mamelon de béton. Ce bétonnage ne laisse aucune possibilité de grimper. L’entrée officieuse relève assez probablement d’un ancien aérage. C’est caché par une tôle et recouvert aussi bien d’une tôle que de feuillages. Sans connaître spécifiquement, c’est affreusement introuvable. Il est de fait que ça arrange tout le monde.

Cette carrière de gypse est de très grande dimension en matière de longueur de galeries. C’est infini dans des termes même pas exagérés. D’après les anciens rapports obsolètes de l’exploitant, il est à penser que le réseau formerait un maillage de 200 kilomètres de tunnels divers et variés. On en viendrait presque à croire que c'est encore plus en réalité. Le début du parcours est émaillé de la présence d’une grosse quantité de carottages dans des bacs en bois. C’est moisi et ça ressemble à de la fourme d’Ambert.

D'une vue simplifiée, on évoquera qu’il y a un quartier qualifiable de très moderne et un autre secteur ancien un peu dégradé. Dans l'ensemble, les galeries sont extrêmement vides, à l'exception ça et là de tunnels cintrés, ou de quelques vestiges ténus. En particulier les quartiers modernes donnent un terrible et oppressant sentiment d’infinitude. Sans qu’il ne soit vraiment possible d’en toucher un bout (il se révèle tout le temps d’autres bouts), c’est écrasant ou presque de monotonie ; c'est tout de même un site souterrain agréable et intrigant. Il y a énormément de variations de niveaux.

Après pas mal d’errance dans ces quartiers modernes, les quartiers anciens se révèlent plus intéressants. On y trouve une ambiance un peu moins camion et gros bulldozers, et plus de variations dans les aspects des tunnels. La contrepartie, c’est que certains lieux sont dégradés. On observe de sacrés décollements de voute. Au fond d’un fond, on s’attendrait à trouver une ancienne entrée, mais non, rien de tel. De retour, nous visitons brièvement une exploitation en étage inférieur, mais c’est très pété de toutes parts.

Au retour, on trouve une ancienne station de mesure d’affaissement, partiellement démontée. Non loin, un soufflage du sol a généré un impressionnant tipi. Le sol, compressé latéralement, s’est surélevé et a vomi comme une tente d’indien. Le soufflage d'une galerie de mine correspond à un endroit où les piliers exercent une contrainte horizontale sur le sol, qui fracturé par la pression, en vient à former une tente d'indien. Ça peut toucher le plafond parfois, ou bien sûr tout s'effondrer. Le temps passe, dehors nous attend probablement une venue de la nuit.

Une fois sortis, au loin c’est un gros orage opaque de menaces. Ce site souterrain restera largement mystérieux, évoquant un manque de données historiques, de témoignages des anciens. Malgré tout, il s’ancre très profondément dans la mémoire comme un endroit d’asphyxie ; comme quoi le gigantisme peut aussi avoir la capacité de générer l’étourdissement. Quelque part c’est bien la première fois.


Dès qu'il se pose une difficulté de terrain en mauvais état, l'exploitant a conforté.


Ces tunnels sont parfois nombreux, celui-ci nous a fait penser à un pendu.


En réalité, c'est un vieux ventube.


Un groupe de personnes explore méthodiquement le site. Nous n'avons pas identifié de qui il s'agit.


Juste à côté se trouvent les vestiges des carottages.


Tellement ils sont moisis, on en dirait de la fourme d'Ambert !


Du côté du nombre de bacs, c'est assez élevé.


Le tout reste ici, immuable, dans l'abandon.


Au sein de terrains pas toujours très cohérents, on a même de l'infiltration d'eau.


Les quartiers d'exploitation sont tous très identiques !


Ils sont nommés par l'exploitant avec une logique de numéros de galeries.


En se dirigeant vers le secteur ancien, ça change un peu.


On y voit l'existence de deux masses.


Les quartiers prennent plus de charme, indéniablement.


Une ancienne installation, à ce jour bien dégradée.


Un ancien fléchage semble mener à une vieille entrée, ou une ancienne station de mesure, mais nous ne trouverons ni l'une ni l'autre, ce qui en fin de compte n'est pas grave.


Quelle belle galerie !


Une ancienne signature de 1935. Monsieur Nele ?


Bon là bien sûr ça devient moins poétique.


Et apparemment ils y tiennent !


Voici l'exemple parfait du soufflage d'une galerie de mine. Les piliers exercent une contrainte horizontale sur le sol, qui fracturé par la pression, en vient à former une tente d'indien. Ca peut toucher le ciel parfois, ou bien-sûr tout s'effondrer.


Des confortations en peuplier.


Ce quartier est bel et bien inquiétant !


La production de cette carrière : des plaques de plâtre.


Nous terminons la visite par un second secteur de carottages.