Urbex - La cité minière abandonnée
Voici une visite urbex d'une ancienne cité minière, que l'on peut appeler parfois La Cité Vulnérable. Il s'agit d'une dizaine de maisons qui faisaient partie d'un ancien site d'extraction minière. Elles sont posées sur un véritable gruyère. Le sous-sol a été profondément creusé durant un siècle, de -40m jusqu'à -206 mètres. Lorsque la dernière exploitation minière a cessé pour cause d'une venue d'eau incontrôlable au fond, en quelque sorte la toute fin de la cité minière était déjà signée. L'exploitation a été intensive. Les paysages alentours sont dignes d'un far-west, surtout dans les anciens terrains miniers aux plantes arides complètement cramées. Cela devait être très spécial d'habiter ici. D'ailleurs les paysages actuels retraduisent encore cela aujourd'hui. L'ambiance est étrange, quelque peu unique.
La mine a été graduellement abandonnée entre 2005 et 2008. Dans les années 60, toutes les maisons étaient occupées par deux familles dans le même bâti, c'était donc dense. En 2006, il ne restait plus que trois familles. Le dernier habitant a quitté les lieux en 2010. C'est dire s'il fallut peu de temps pour que tout soit solidement ravagé.
Depuis, hormis les monceaux de ronces qui envahissent les pourtours, les lieux sont investis par les tagueurs. Pour une fois, il est réalisé des graffitis de qualité, c'est agréable à voir. Notons de surcroît que la petite ville organise un festival annuel de graffitis, ce qui permet de faire vivre les lieux. L'initiative est brillante. Les maisons, elles, ont un petit cachet interpelant du fait de toutes ces belles peintures, ces ambiances colorées, ces énormes insectes qui colonisent les murs. C'est un petit endroit agréable à parcourir. Les deux maisons à front de rue sont plus imposantes. Correspondaient-elles aux habitations des chefs porion ?
A savoir que pour une mine, comptabiliser une dizaine de maisons, c'est minuscule. Il est de fait que nous sommes aujourd'hui dans le vestige d'une activité minière artisanale, loin des grandes ambiances lorraines. C'est aussi ce qui fait le charme de cet endroit reculé : la discrétion et le silence. Le vent s'est engouffré dans les deux allées rectilignes, l'humidité a fait éclater les plâtras, les lés de tapisserie se sont décollés ; peut-être surtout et insidieusement, une végétation farouche a commencé à tout dévorer : un retour spontané au vivace et à la nature. Dans ce lieu voué au silence, sauf les cris lointains d'un chien qui s'ennuie, une myriade de graffitis colorés est apparue.
Animaux fantastiques dévergondés, visage angélique ou simple souillure bariolée, chaque maison amène son lot de couleurs différentes. En ce jour merveilleux, on en viendrait à oublier que nous sommes en février ; mais nous sommes bien conscients que demain sera féroce : froid implacable de pluie gelée et venteuse. Profitons de chaque instant surtout !
Un urbex en accès libre
Il est de fait que chaque endroit, en France, a tendance à appartenir à quelqu’un. La cité minière n’y échappe pas. La vacance de propriété est rare. On vous trouvera toujours un héritier quelconque localisé à plus ou moins 930 kilomètres. La particularité de la cité vulnérable, c’est qu’elle n’est pas bariolée de panneaux interdit partout. L’ambiance est calme, dénuée de vandalisme, la fréquentation est très faible.
Ce n’est pas pour ça que je vais vous indiquer ce lieu à tout va, ce n’est certainement pas adapté. Au vu de la déglingue de la société, il est de fait que ce serait justement condamner le lieu au massacre. Ce n’est certainement pas un but, bien du contraire d’ailleurs.
En tout cas, au vu de l’esthétisme des lieux, j’estime que c’est un des endroits les plus merveilleux qu’il soit pour faire des photos de nu artistique en urbex. Pourquoi ? Les arguments sont implacables.
1) Accès très facile. Il ne faut rien escalader.
2) Ambiance peu stressante. Tout laisse à penser que le passage sur place est à considérer comme minimal.
3) Les couleurs sont vraiment magnifiques par beau temps. N’importe qui est merveilleusement beau dans un tel endroit.
Le nu en urbex, que l’on qualifie parfois de nurbex, est très peu répandu et quelque part c’est normal. Dans l’infini amoncellement de lieux, peu restent favorables. Les endroits sont difficiles d’accès, les sols sont maculés de verre et de déchets, l’ambiance est d’une violente interdiction. Ca génère que c’est une activité peu commune. De plus, les endroits peuvent vite dégénérer sur du glauque. Ici ce que la cité vulnérable vous offre ? De la poésie.
Il est peu dire que la cité vulnérable est un endroit de séduction, tout y est merveilleusement beau et paisible.



















