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La colonie de vacances

La colonie des avions m’a été indiquée par Dominique, que je remercie vivement. De même, je remercie la compagnie d’aviation propriétaire du bâtiment, pour l’accueil quelque peu involontaire lorsque j’en fus de passage.

Les locaux sont une ancienne colonie de vacances appartenant à une compagnie d’aviation très connue. C’est en plein cœur d’un massif alpin. Il y était pratiqué l’accueil des enfants pour de l’escalade en été et du ski en hiver.

Il n’est pas évident de savoir ce qu’il s’est passé. Des papiers éparpillés laissent à penser à des difficultés administratives quant à l’exploitation des lieux. L’administration aurait embêté, empêché, empoisonné, que ça en résonnerait comme une musique compréhensible. Nous sommes en plein cœur d’un parc national, les règles y sont ubuesques.

Du coup, les colonies ne sont plus accueillies depuis quelques années au moins. Au tout départ, je pensais le bâtiment abandonné, mais non, il est inoccupé et à vendre. Les photos de Dominique témoignent de tags hideux, à ce jour ils sont soigneusement effacés. De surcroît le bâtiment est à vendre. L’annonce est parfaitement explicite, aucune confusion n’est envisageable.

Des fois, des personnes me demandent si elles peuvent m’accompagner en urbex. Mais, devineriez-vous combien il peut s’agir d’une clochardise à peine déguisée ? Sur place, je constate que le courant tourne partout. Du coup, je mets ma batterie d’appareil photo à charger. Je dois 0,005 centimes à la compagnie d’aviation, que je remercie du coup implicitement pour ce don.

Comme tout cela est long, je débloque la vanne d’eau et prends une douche. Froide certes, mais quel bonheur. Puis, je suis très fatigué d’une nuit calamiteuse sous un clocher d’église inhospitalier, alors dans une belle chambre, je pique une petite sieste. Le soleil me baigne d’une chaleur langoureuse. Là encore, je suis redevable de reconnaissance à tant d’hospitalité.

Sur les vitres sont placardés des A3 avec le numéro de téléphone mobile du gardien, qui aurait été bel et bien surpris de trouver ce si pacifique bel endormi dans une chambre même pas en désordre. A ce titre les gars, il n’y a quasiment aucune dégradation dans cette colonie, ne comptez-pas sur ma bienveillance pour partager le lieu. J’entendrai l’habituel je ne dégrade pas, etc etc, et pourtant chaque friche se voit assaillie de tags hideux en quelques semaines. L’on en devient bercé de radicalité.

Stupéfaction de voir que la table est dressée pour les enfants, il y a encore les bols. Mélancolie presque de ne pas entendre leurs cris. Ca devait être chouette pour eux. J’aurais bien pris un repas sur place, mais ce n’était pas le bon moment. Tout plein de gratitude, je m’en vais vers le silence de la montagne, espérant que cet endroit puisse revivre de belles heures.

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