Tchorski


Urbex - La maison du papè faucheur

Nous avons reçu les photos d'un voyageur et nous en avons établi les recherches historiques.

Voici une exploration d’une maison abandonnée, située dans un recoin un peu isolé du sud de la France. Elle est appelée de la sorte (la maison du papè faucheur) considérant les rencontres qui furent occasionnées. Cette maison a été tentée trois fois. Si l’on revient un paquet non négligeable d’années en arrière, la visite avait fait tomber sur une personne âgée en train de tondre le gazon. La maison n’était pas abandonnée en cette époque, bien qu’en piteux état.

Quelques années plus tard, la maison était en état d’abandon, mais fermée, ce fut donc un échec. A ce jour, la maison est ouverte à tous les vents, mais par contre victime d’un vandalisme extrême. C’est trop tard. Cette situation est tellement courante : il faut absolument que le moindre lieu délaissé soit totalement pillé, puis démoli de fond en comble. Il n’est pas spécialement étonnant que l’urbex traine une mauvaise presse, puisque l’on se retrouve plus ou moins systématiquement avec ce genre de situation.

Il ne s’agit plus aujourd’hui d’une habitation, au sens le plus pur du terme. Cette maison était habitée – éventuellement - par les grands-parents (c’est une hypothèse). A leur décès, elle aurait été léguée à Jean-Philippe, qui possédait un métier de garagiste et une maison à 14 kilomètres. Dès lors, l’aspect purement « habitation » a peu à peu été gommé au fil du temps, tandis que les pièces vides ont servi de stockage pour des objets devenus secondaires, voire inutiles. Cela donne une situation particulièrement peu lisible pour le voyageur.

En tout cas s’il est un aspect qui reste prédominant, c’est la vocation profondément agricole du lieu. La maison est entourée de prés, pas forcément de la même propriété. Un appentis possède un tracteur et de nombreux outillages agricoles.

Dans le bric-à-brac désordonné, inintéressant et souvent cassé, il y eut la chance gigantesque de trouver un trésor, une grande densité de photographies anciennes. Cela a été photographié sur place. Que cela peut se révéler précieux. C’est tout un patrimoine familial qui est piétiné, sali, méprisé, alors que ces images retracent tellement de moments, la vie d’une famille, des éléments le plus souvent anonymes car pour nous très anciens.

Nous n’identifions pas forcément qui furent les habitants de cette maison. Les recensements de population ainsi que les cartes postales nous amènent à un quartier très bien nommé (sans maison précise) à quelques centaines de mètres au nord. Il se trouve une fameuse rivière entre les deux. Nous pouvons faire supposition que Papè Faucheur fut Jean-Philippe, que nous prenons pour Sosa 1.

Ce que nous échafaudons, sans l’établir avec certitude, c’est que les Sosa 2 et 3 sont Jeannine et Jean, qui étaient établis au café-bar de la Croix de fer au 22 rue Bonfa, à Nîmes. Aujourd’hui il s’agit d’un supermarché de proximité, Petit Casino, qui est établi depuis au moins 20 ans. Rien ne retraduit en façade que ce fut un troquet. Les parents de Jean-Philippe seraient donc identifiés, notre source c’est d’après une carte postale, chère maman, cher papa.

Son grand-père, Sylvain, est né en 1905 et décédé en 1974. Il a logé au café de même. Sylvain s’est marié avec Germaine en 1930, à Paris. Germaine, grand-mère, provient de Desvres dans le Pas-de-Calais. Germaine est née en 1908 et décédée en 2006. Elle habitait à Alès, dans une barre d’immeubles insipide mais calme, assez proche du centre à l’ouest de la ville.

Nombre colossal d’archives de Germaine sont arrivées dans cette maison, lors du vidage de son appartement. Tout laisse à penser que les photos sont à elle. Il n’y a aucun élément qui permet de rapprocher une hypothèse qu’elle ait habité « tardivement » la maison abandonnée. Tous les indices sont franchement incohérents à ce sujet. C’est uniquement un déménagement d’objets, à la suite de son décès : le banal jeté ou vendu, le précieux gardé ici.

Nous relevons aussi l’existence plus que probable d’un oncle, Jacky, né en 1938 à Nîmes, et décédé en 2004. Les déductions le font rapprocher du 22 rue Bonfa, tout du moins pour son enfance. Il a eu un très grave accident de mobylette le 8 juillet 1953, à 1 virgule 4 kilomètre de son domicile.

Jean-Philippe (né 1954) a eu une petite sœur, Sylvie (née 1957), qui contre toute attente, est née à Lahr Schwarzwald en Allemagne. Elle est aujourd’hui enseignante.

Tout cela nous amène habituellement à déterminer qui a habité la maison, à ce jour abandonnée, et à localiser les sépultures au cimetière, afin de les fleurir. La maison garde sa part de mystère, mais de très forts indices se concentrent sur le fait que Sylvain, grand-père, habitait ici. Il est décédé en cette ville. Germaine y habitait de même, jusqu’en 1974. Elle serait ensuite partie sur Alès. L’enquête au cimetière déterminera – on l’espère un jour - s’il a sa sépulture en ce lieu.