Voici une exploration souterraine pour le moins originale : une incursion dans un captage de source sous une station thermale. Le lieu est insoupçonné, du fait que la sortie de la rivière est noyée dans un déluge de végétation et de rochers. C’est pourtant une ville que j’eus fréquenté ; régulièrement non, mais tout du moins quelques fois. Je n’avais jamais imaginé un endroit pareil. C’est un tunnel qui me fut présenté par un ami, sous mon regard à vrai dire stupéfait.
Les lieux sont simples, une galerie unique dont la longueur n’est franchement pas à se perdre. Hormis cette dimension structurelle – en interne on dirait, certes ce n’est pas la Lorraine – les lieux sont très esthétiques par la profusion d’équipements au sein de la galerie. Tout cela répond à une logique pleinement compréhensible.
D’une part, le ruisseau coule et s’échappe dans la rivière placée en contrebas. Jusque là rien d’anormal. C’est l’eau que l’on voit au sol. La station thermale a des besoins puissants en eau, ce que l’on comprend. Une puissante salle des pompes capte l’eau et la pulse plus haut dans les piscines. Celle-ci, très minéralisée, est utilisée dans divers bassins tous les plus esthétiques les uns que les autres. Nous sommes en présence d’une très grande station thermale.
A la suite de l’utilisation, certaines eaux sont rendues, tandis que d’autres sont épurées, puis partent dans une canalisation que l’on pourrait qualifier d’égout. Le terme est impropre car les eaux ne sont pas souillées. Elles sont seulement inadéquates pour être rejetées telles quelles dans la rivière. C’est ce qui explique la profusion esthétique de tuyaux, en d’autres lieux certains rejets naturellement minéralisés et colorés.
Dans certaines canalisations souterraines – pensant logiquement au Bourdaric souterrain – on se sent gêné de documenter les lieux tant la pollution est omniprésente. On se sent à la fois délateur d’une situation crapuleuse, mais aussi dans la gêne car nous ne portons pas un rôle purement militant : notre rôle est de mettre en valeur l’insolite. Ce qui est agréable ici dans ce tunnel, c’est de voir la bonne gestion. Tout est mis en œuvre pour que ça soit parfait.
Dans un tunnel, on est un peu dans un monde à part, c’est en fin de compte l’extension parfaite du secret. On y fait un peu ce que l’on veut, puisque cela ne se sait pas, ne se voit pas. C’est de la sorte que carrément gêné, nous avions découvert qu’un car-wash rejetait toute sa merde mousseuse dans la Mazerine ; certes ça a été géré, assez rapidement d’ailleurs. Ici le secret se referme sur un lieu qui génère uniquement une sensation d’accomplissement et de mise en valeur. C’est beau et c’est agréable à partager.
Il est indéniable que c’est un petit pertuis. Des rivières souterraines, on en aura vu de bien plus amples, la Senne souterraine avec ses 8 kilomètres d’aventure à la limite du soutenable ; carrément insipide aussi, sans oublier de citer le mythique Paillon souterrain sous Nice. On est ici dans le purement confidentiel, simple et avenant. Existe-t-il dans les environs immédiats des galeries comparables ? Honnêtement tout porte à le croire. Décidément les thermes amènent des structures réellement intéressantes.






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